Mon fils...

Je reviens d'une célébration toute simple de la Saint Michel aux environs de Nice.

J'aimerai bien savoir pourquoi dans une chapelle de village de l'arrière-pays de Nice on ne peut pas avoir deux drapeaux dans la célébration?

Alors que l'an dernier à Paris, j'étais en la Cathédrale Saint Louis des Invalides où - nonobstant la sacro-sainte révolution française chère à tous les laïcards de la création - on est entourés de drapeaux, du sol au plafond.


Un de mes camarades, à la sortie de la Messe a entonné et fait reprendre "La Marseillaise".

Les paroissiens habituels ont pu en être déçus.

Si cela peut aider, l'an prochain je me ferais une joie de donner le ton pour "Quand Jésus-Christ créa la Coloniale", certain qu'avec le nom de Notre-Seigneur en titre cela ira mieux.



Je n'étais pas là. J'étais en retard.

Pour autant, ça me facilite le transit intestinal.

Passons.


Si l'anecdote me revient c'est très simplement en raison des festivités du jour, qui nous ont conduit au traditionnel repas, et auxquelles j'ai assisté, à la table de notre camarade qui était assez surpris - pour rester poli - de l'attitude du clergé séculier.


C'est au cours de ce déjeuner en commun, qu'est venu lui parler sa mère.

Je n'ai pas entendu toute la phrase, dans le brouhaha et la musique.

J'ai juste entendu le début, qui démarrait par "Mon fils"... une main posée sur son épaule.


Sans vraiment réfléchir, j'ai fait là immédiatement une poignée de photos.

Simplement pour ces deux mots que je n'entends plus, et que je n'entendrai plus jamais de ma vie pour ce qui me concerne; n'ayant plus ni père ni mère pour les prononcer.


Ces photos, je ne les mettrai pas en ligne. Elles sont pour lui et sa famille.

Au moment même où je les ai prises, j'ai vu dans les yeux de mon camarade qu'il savait.

Il savait pourquoi, exactement, je prenais ces images; pour lui et les siens.


C'est un bonheur que l'on ne réalise que quand nos parents ne sont plus là.

Ces simples mots :"Mon Fils" sont un privilège qui se raréfie quand la fin de vie approche.

Quand la force de la lumière commence à baisser dans le regard.


J'ai repensé à ces deux mots; à tout ce qu'ils représentent quand les parents ne sont enfin plus qu'une image sur un mur ou au coin d'un bureau.


J'ai repensé aux miens, à tous les miens "qui se sont endormis dans l'espérance de la résurrection".


C'est juste un instant, dans ce monde où tout s'efface.

Un instant pour une protestation, pour quelques points de repère avec une fête.

Un instant pour une mère et son fils, pour une photo.


Un instant où je tiens à redire que la tradition ce n'est pas adorer les cendres, mais transmettre le feu.


Avec une centaine de camarades, sur notre coin de terre, le feu est toujours vivant.

Aux berges du Paillon. A la Saint Michel des Parachutistes.

Tant qu'il restera une mère pour poser sa main sur l'épaule de son fils, et ensuite, à la génération suivante une autre main pour reprendre sans faiblir ce flambeau.


Bises aux dames, salut aux messieurs,


Didier CODANI


A Nice, ce dimanche 2 octobre 2022, 20h30.

Shadow on Concrete Wall