Le Liban vers le protectorat


J'ai lu avec attention ce bel article que signe Anthony SAMRANI dans les colonnes de "L'Orient-Le Jour" ce 16 juillet:

"Pourquoi la récusation de HARIRI ne change pas fondamentalement la donne.

La scène politique libanaise est aujourd’hui prisonnière d’un système que seules des élections peuvent, en théorie, briser."

Qui dit élections, dit encore et à nouveau délais, dans un pays qui se meurt et se révolte tout à la fois; avec des milices armées depuis l'étranger en embuscade.

Qui dit délais, dit souffrances, exil, faim, froid, pour tout un peuple qui ne croit plus - ou seulement dans quelques cas isolés - à sa "classe politique" qui n'a de classe que le nom.


Une des autres voies dans cette situation dramatique, c'est le retour à un protectorat.


C'est difficile à écrire quand on n'est pas Libanais, mais il y a plus de 60.000 Libanaises et Libanais qui l'avaient signé l'an dernier.

A vouloir jouer avec l'argent public du pays au-delà de toute décence; à vouloir passer en force pour bénéficier de la générosité internationale sans faire la moindre réforme essentielle... Le Liban va se retrouver en protectorat.


Ce jeu cynique et criminel (car la population civile Libanaise en souffre énormément) est celui de politiciens Libanais, mais également celui des puissances régionales, comme l'Arabie Saoudite et l'Iran, pour ne nommer qu'elles.

Ces puissances régionales sont en train de se heurter aux grandes puissances mondiales, et ensuite, fort logiquement à tous les pays qui dans la communauté internationale ont des intérêts moraux ou matériels au Liban.


Si - ce qui n'est pas à souhaiter - "la rue" se soulève à nouveau contre "ses" élus la situation deviendra vite incontrôlable sauf à remplacer les institution défaillantes par une nouvelle intervention de l'ONU, avec, peut-être une juridiction pénale internationale comme cela a déjà été fait pour un certain nombre de pays depuis la fin du XXe siècle.



Le Liban ne mérite pas cela. Le Liban mérite mieux.

Mais c'est aux Libanaises et aux Libanais de le dire clairement et si possible pacifiquement.

En tous cas rapidement.


La montagne a déjà accouché d'une souris. Inutile d'en refaire une portée avec les mêmes personnes en essayant de ne pas mourir de faim d'ici l'an prochain.


Didier CODANI


#Liban

#Lebanon

Shadow on Concrete Wall