Le courage est la force des faibles

Petite phrase de Cécile BRUCY, dite Cécile Fée (1799-1840).

Elle est tirée de ses "Pensées" parues en 1832.

C'est aussi le titre ce matin, d'un billet de blog.

Pas le mien en premier, car j'emprunte là à celui de Roland PIETRINI dans un article de son blog ATHENA-DEFENSE.

Il y parle clairement de "Libanisation". Et j'y ai répondu ce que je partage ici avec vous.


Je sais que ces mots deviennent d'usage courant, mais "Libanisation" (comme d'ailleurs "Balkanisation") est un mot à la limite de l'insulte pour les Libanais qui chaque jour se battent pour relever leur pays.

Liban, où une "communauté" comme on dirait chez nous, s'est employée à miner l'état, la nation, pour de plus en plus se présenter comme une alternative, avec sa loi, sa milice armée, et surtout ses aides sociales, ses logements, ses emplois, ses aides alimentaires...

Il suffit d'aller prier au bon endroit, et de rendre service.

Son drapeau jaune au logo vert, véritable pub pour Kalachnikov, flotte à l'égal de celui du Liban sur des villes entière de ce pays, maintenant.

Nous n'en sommes pas là.

Mais nos armées, comme notre police et notre gendarmerie connaissent parfaitement ce processus.


Il y a une vingtaine d'années, les Serbes de Bosnie nous disaient - alors que nous étions chez eux - : "Dans quelques années c'est nous qui seront casques bleus chez vous, vous n'avez rien compris aux musulmans (de Bosnie)".

Je me souviens que la phrase avait choqué nos camarades Belges; alors que les Français, sûrs d'eux-mêmes comme d'habitude, n'avaient que rigolé.


Beyrouth est encore un puzzle, Sarajevo peine à se relever de ses ruines, et nous?


Nos "élites" ont traité de gâteux et factieux nos retraités, nos réservistes, nos honoraires.

Ceux qui ont combattu pour la France.

En oubliant que si - pour eux - ces gens étaient à flanquer à la poubelle, ils étaient l'honneur vivant et la référence des combattants actifs.


Après nos armées, nos polices; la nationale, les municipales, la gendarmerie... les "corps actifs" viennent sous le choc de l'indifférence polie des condoléances et des promotions à titre posthume, dénoncer l'abime qui se creuse; l'abandon du terrain et de ceux qui le tiennent.


J'ai toujours été frappé par ce propos martial de "reconquête républicaine" (preuve que l'on a perdu sans l'avouer, puisqu'il faut reconquérir) cher aux Préfets en Zone de Sécurité Prioritaire.

Idem pour le "je ne lâcherai rien" de nos hommes politiques qui vont le lendemain négocier la "paix sociale" en catimini avec les trafiquants de drogue et les "communautés" les plus violentes des cités.

Regardez ces braves gens quand ils sont - pour une fois, pour un instant - au cœur d'une cité.

Si vous le pouvez, comptez autour d'eux les policiers en tenue, les policiers en civil, et n'oubliez pas d'y ajouter le peloton de CRS ou de Gendarmes obligé de stationner à coté; toutes affaires cessantes.


Demandez-vous ce que peut ressentir le flic de base, en équipe de trois, avec juste un SIG 2022 au ceinturon quand les lampions de la fête (républicaine) sont éteints, et qu'il doit assumer sur sa vie pour les paroles viriles et déconnectées d'énarques et hiérarques, tranquilles à l'année, dans leurs bureaux avec vigiles à l'entrée.


Je ne vous demande même pas d'imaginer les pauvres types qui seuls, sans armes, vont en civil et en simples civils essayer d'aider concrètement au quotidien les plus modestes de nos concitoyens qui habitent ces mêmes cités.


Je manque d'imagination, mais je les vois bien.

Je l'ai fait pendant une quinzaine d'années de ma vie.


Didier CODANI


Shadow on Concrete Wall