Fin de 2021

J'ai fini cette année 2021 avec la chaleur de Noël et de l'amitié vraie. Les yeux emplis de larmes, une lueur d'espoir à l'horizon.


Sur le coup, je me demandais pourquoi j'avais pris cette image, dans un tournant de montagne Corse battu par le vent et la pluie. Maintenant je sais. C'est presque évident.


L'avantage d'avoir un blog plus moderne, depuis le mois de mai 2021, c'est que cette année le fil des articles permet de remonter celui du temps plus facilement.


2021, pour ce que j'en dis publiquement, c'est des campagnes électorales sous surveillance sanitaire, dans un pays où l'on gifle un président de la république; geste que par principe je n'approuve pas, mais en notant aussi que le respect, cela se mérite.


2021 c'est une nette victoire des nationalistes en Corse. Une île où l'on a voté à plus de 60% du corps électoral quand seulement 33% se donnent la peine d'aller aux urnes sur le continent. Il faut y faire attention.


2021, c'est cette année où j'ai essayé en juin, du mieux que j'ai pu, d'attirer votre attention sur le sort du Liban et des libanais. Sans m'en servir politiquement comme le font quelques marionnettistes à l'approche de la présidentielle française, juste pour chercher des voix.



Un Liban meurtri, sous occupation quasi-militaire d'une milice d'un pays voisin et pas ami.

L'Iran si vous ne l'avez toujours pas compris, avec les terroristes du Hezbollah qui a en son temps assassiné tant de nos parachutistes dans l'attentat du Drakkar, à Beyrouth.

Un Liban au gouvernement à nouveau bloqué par ce même Hezbollah qui prétend avoir le seul juge qui lui résiste à sa botte et à sa main. Tout simplement parce que l'instruction de l'attentat du port de Beyrouth tourne mal pour ces miliciens: Ils pourraient être mis en cause.



2021...

2021 à titre personnel c'est une fin d'année difficile.



C'est la mort digne et courageuse, à 69 ans, d'un vieux camarade; capitaine honoraire. Il n'y a pas de petit grade pour bien servir son pays. Qu'il repose en paix. Il s'est bien battu.


C'est un peu de lumière avec le mariage d'un de mes frères; le dernier à ne pas avoir tenté l'expérience. Le plus beau des engagements.



Et le baptême de mon neveu; son entrée dans la chrétienté, dans la même chapelle qui vit tant de mes parents s'unir.



C'est aussi et hélas, un accident mortel le 8 décembre, le jour même de l'Annonciation et de la fête nationale en Corse.

Sur le bord d'une route, une vie qui s'arrête à 50 ans, et le deuil qui nous enveloppe.

Parents et alliés, amis et connaissances.

"Pour ce qui est du jour ou de l'heure, personne ne le sait, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, mais le Père seul" nous disent Saint Marc comme Saint Matthieu. Gardons donc nos lampes allumées, avec charité et compassion. Pour faire face à la nuit; à la douleur qui nous accable.


Ce sont de belles paroles, comme autant de fleurs que l'on dépose en hommage; comme un peuple qui vient en masse pour témoigner de son émotion aux obsèques d'une Reine.

Je vois tout cela, et en dépit de ma colère face à cette mort, je reste croyant et confiant dans l'avenir; mais mon cœur est déchiré, jusqu'à atteindre mon âme.



Je n'oublie pas les fêtes, je n'oublie pas les récompenses, la cour d'honneur des Invalides...



Je n'oublie pas les amitiés, quand tout ceci est sincère et véritable; comme le dit la formule des comptables.


Alors je fais au moins semblant de garder le sourire et le moral, même au creux de la vague.

Même quand je sais que la vague pourrait m'emporter... Car je n'ai pas que des amis.



D’ailleurs, même quand on rend service, parfois on dérange. Et puis, comme le disait Mark TWAIN: "La vérité a la vie dure, mais un mensonge bien raconté est immortel".


Il faut pourtant faire face. Il faut pourtant sortir la tête de l'eau et nager avec force pour rejoindre le rivage du monde, et avancer à nouveau sur la terre ferme de ce vieux continent.


C'est là que comptent si fort non pas les relations mondaines, artificielles ou professionnelles, mais la famille et les amis.

En somme une poignée de personnes, dont les mains savent porter et soutenir réellement.


Une qui "ne peut se résoudre à me présenter des vœux classiques" et qui sait qu'on guérit mieux avec une fourchette qu'avec un bistouri. Sans abuser de la fourchette... bien sûr.


Une qui ne supporte pas mes messages quand ils dépassent dix lignes, mais qui sait me parler pendant plus d'une heure au téléphone, sans que jamais ce qu'elle dit ne me lasse en rien. Parce qu'elle est honnête, droite et sincère... même si elle a mauvais caractère.

C'est elle pour qui - juste pour lui être agréable - je joue à rester souriant; parce qu'il parait qu'elle est "triste quand elle me voit triste".

Je sais que c'est vrai. En tous cas, pour le texte, avec ce mot de début d'année je suis tranquille: elle ne lira jamais jusque-là.

Quoique...


Une qui pense à me souhaiter un Joyeux Noël. C'est banal en France. Pas au Moyen-Orient, là où l'on n'a que quelques heures de générateur par jour et moins de réseau qu'en Corse.



Une qui m'offre un cadeau de Noël auquel personne n'aurait pensé; sauf elle, sauf moi; et qui me touche vraiment sans que je puisse vous l'expliquer.


Un qui sait m'écrire en Corse, au péril de ce qui lui reste de vie politique, parce qu'avant de voir en moi un opposant politique résolu (Oui, je me suis présenté aux dernières élections municipales avec mon camarade Benoît KANDEL contre le maire sortant de Nice, avec le soutien personnel de Jean LASSALLE) il se souvient que je suis un ami personnel; et il sait assez vivre pour me montrer son soutien face au deuil.


Une enfin qui m'invite en famille, qui me permet de partager un repas avec ses parents que je n'ai pas revus depuis bien plus de trente ans, dans la maison de famille.

Un repas qui me prouve que la France existe toujours. Pas celle de la mondialisation, des masques et de la peur de mourir. Celle de nos anciens qui n'ont pas peur d'un verre d'alcool après 80 ans. Celle où il y a une cheminée en marche dans la maison.



Cette "vieille France", où, autour de la table de la cuisine, on refait le monde présent et à venir sans essayer de falsifier le passé pour y arriver. Sans "langue de bois" aucune.

C'est un vrai bonheur que de dialoguer en finissant le vin rouge, de façon respectueuse; avec des idées parfois diamétralement opposées mais toujours dans le respect de l'autre.


C'est aussi cela la tradition:

"Ne pas adorer les cendres, mais transmettre le feu".


Cette transmission, j'ai vu l'un de mes frères la pratiquer en direct, tout simplement là aussi sur une table de cuisine. Un cours de chimie ou d'alchimie culinaire sur l'art et la manière d'imaginer à l'infini de nouveaux goûts, de nouvelles saveurs, tout en restant dans le cadre strict des produits identitaires, endémiques, de la Corse.



Les goûts et les saveurs que vous aurez sur vos tables cet été 2022, ils naissent là; entre Noël 2021 et le jour de l'an, en famille et en cuisine.


2021, c'est l'année de mon divorce.

Mais c'est aussi et surtout l'année où je vois ma fille au Festival de Cannes; avec plus de 140.000 abonnés sur sa chaine YouTube "Clararunaway"; ou encore dans une pleine page de Télérama.

Je suis fier de ma fille, même si elle doit vivre à Paris pour cela; ce qui n'est pas un petit sacrifice.

Les succès de ma fille en premier, et la chaleur de ma famille et de mes ami(e)s, la nécessaire solitude temporaire dans le coin de montagne d'où je viens et où vivent les miens, sont ce qui m'aide à remonter les pentes de la vie.



2021 n'a pas été l'année merveilleuse que l'on espérait à la fin de 2020.

Alors, en vous remerciant de votre patience pour m'avoir lu (le coup des dix lignes m'a fait vraiment sourire), je veux tout de même vous dire que je vous souhaite tout le bonheur du monde dans cette année 2022 qui sera encombrée de charlatans, de poignards dans le dos et de coups bas.

Sans parler du destin, contre lequel nous ne pouvons que prier.


Souvenons-nous de Peter DRUCKER, grand professeur, dont j'aime tant cette formule:

"La meilleure façon de prédire l'avenir, c'est de le créer".


Je vous souhaite une bonne et heureuse année.


A bientôt, à partir du 8 ou 9 janvier, pour un vrai retour sur la communication électronique.

En attendant, il vous reste le téléphone, les SMS, Messenger... et tout simplement l'encre, le papier, avec un timbre sur l'enveloppe. Pour celles et ceux qui ont l'adresse postale.


Bon dimanche de cette première semaine de l'année nouvelle.


Pace è Salute


Didier CODANI

A Nice, ce 1er janvier 2022; premier billet de blog de l'année.

Shadow on Concrete Wall