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En silence dans les bois

Mercredi, ce sera officiellement l'hiver, et tout de suite après arrivera Noël.

Une saison qui ne fait sourire personne. Sauf les amateurs de neige et de ski.

C'est peut-être pour cela qu'on y retrouve -après la naissance du Christ qui remonte le moral- le mois où il y a le plus de dépressions, déprimes et autres coups de cafard qui est le mois de janvier; et en février mercredi des cendres et le début du Carême pour reprendre nos esprits et retrouver la ligne.

Heureusement qu'on y rigole durant le mardi-gras et le carnaval pour éviter le désespoir.

Pâques, ce sera bien loin, en avril ; trois semaines après le début officiel du printemps cette année.

En attendant le retour des fleurs de cerisiers, il faut donc s’occuper au mieux.


Pour le foot, je n’ai pas changé de position, je ne suis toujours rien. Je ne suis pas à géométrie variable. Seuls les imbéciles ne changent jamais d’avis, c’est entendu. Mais pour une chose aussi futile que taper dans un ballon pour se remplir les poches je ne bouge pas.


Aimer le football ne m’oblige pas à aimer ceux qui en vivent, quand c’est de façon infâme et que cela devient, outre la fantastique affaire commerciale que cela a toujours été, la complicité d’une atteinte caractérisée aux droits de l’homme. Je pèse mes mots à l’aune de l’audimat mondial.

J’aime bien le jeu, je comprends qu’il y ait des professionnels qui en vivent ; je comprends parfaitement que le spectacle intéresse des millions de gens. Ce sera juste sans moi pour ce coup. Je ne valide ou ne cautionne pas tout, toujours et tout le temps.

Certainement pas cette fois.


Surtout, je ne confonds pas le patriotisme, avec l’admiration béate devant des professionnels. L’équipe que la France aligne en compétition, c’est une équipe de professionnels qui font bien leur métier. Ce n’est certainement pas « la France ».

Ils vont gagner ou perdre. Ce n’est pas « la France » qui va gagner ou perdre.


Ceci dit, lucide. Vu l’heure et le silence dans les rues la victoire ou la défaite doivent encore se discuter devant les petits écrans. Jusqu’à 19h00 peut-être… On verra bien demain.

Si c’est les Argentins qui gagnent on aura droit à des commentaires disant que, comme le Pape est Argentin, il a probablement prié moins fort pour l’équipe de France que pour celle d’Argentine…


Dieu n’a pas grand-chose à voir avec tout ça.

En revanche on a quand même la preuve que le 1er septembre 2014 les Argentins avaient envoyé Diego MARADONA offrir au Saint Père un maillot de l’équipe nationale argentine dédicacé…



Maintenant, si vous avez du temps pendant vos congés de Noël à un moment où les enfants ne sont pas autour de la télé, regardez donc ce « vieux » film de 1975 où James CAAN a un dur et beau rôle :

Je ne vous dis que ça. Évitez le « remake » raté de 2002. Seul l’original de 1975 vaut le coup.

L’essentiel y est : Corporations, intérêts et politique. Le cocktail habituel et intemporel.


Ce n’est pas dans l’Union Européenne que de pareilles choses arriveraient.

Ah oui ?

Bon ; désolé.

Je vous laisse, je vais fouiller de fond en comble mon domicile ; des fois - qu’à mon insu - quelqu’un y ait planqué 1,5 million d’Euros dans de grosses sacoches de la part d’un Émirat que nous ne nommerons pas.


Le Père Noël, peut-être, vu que c’est bientôt le moment où il arrive pour calmer tout le monde et faire diversion au moins une semaine en attendant le jour de l’an.


Les jours qui précèdent Noël sont souvent plus calmes dans l’actualité. C’est le moment où justement on est incité à dépenser ; quoi d’étonnant à ce qu’on ait sorti des petites coupures en cash de ses économies ?

Une vie de labeur, messieurs-dames, et une gentille dame n’aurait pas le droit de les dépenser pour se faire un peu plaisir ?

Il y a même des billets de 5 Euros. Pour le parcmètre du Parlement Européen, sans doute ?


N’oublions pas que « la présomption d’innocence est la règle », comme le disent les avocats de tous les trafiquants de drogue de la planète. Lesquels sont quand même, sur ce coup-là, loin derrière les heureux élus en matière de cash sur la table de la cuisine. C’est magique. La féérie de Noël est là.


On peut émerveiller pour moins cher, ceci dit.


Au cours de la semaine dernière, j’en parle mais une fois n’est pas coutume, mon aimable employeur a fait briller les yeux des enfants. Honnêtement, je le précise. C’était au cinéma : « Avatar 2 » de James CAMERON pour les plus grands, « Astérix et Obélix » pour les plus petits.


On aurait pu s’attendre à un déversement de discours sur les petits agents dont la présence était requise avant de permettre de voir le film, comme tant aiment à le faire. Or là, pas du tout.

Une allocution, bien sûr, mais cordiale et ramenée à l’essentiel ; avec un message très clair et très simple : « Reposez-vous ».


Une très belle communication, sobre, conviviale ; avec des chefs qui savent parfaitement doser les effets même en cas d’incident technique.


C’est que les effets spéciaux, il y en avait déjà assez de prévus à l’écran.


Récriminer, tout le monde sait faire. Dire quand c’est bien, quand d’en haut on sait volontairement s’effacer, quand la communication est quasiment parfaite, quand les détails eux-mêmes (la boisson, le popcorn) sont si bien traités par l’organisation… Il faut le dire, le souligner et en féliciter les acteurs autant que les organisateurs.


Bravo.


Sans même parler des films choisis c’était beau, c’était bien. Moi j’ai apprécié.

Dans les deux films proposés j’ai vu « Avatar », et je ne le regrette en rien.


Excellent choix pour un grand public.

Je ne vais pas critiquer le film, pour différentes raisons. D’abord ma fille exerce sur YouTube ses talents dans ce domaine, je ne vais donc pas lui prendre son travail. Elle connaît les films de James CAMERON (et James CAMERON) bien mieux que moi.


Ensuite, vu le contexte, c’était parfait.


Oui, il y a plus d’effets spéciaux que de fond (sauf les fonds marins). Oui, le scénario est simple. Oui, c’est encore une fois les méchants militaires surarmés qui viennent coloniser une paisible planète de bons sauvages. Oui, avec des arcs et des flèches on peut perforer des blindages et couler des bateaux. Un gamin peut aussi apprivoiser un bestiau grand comme une baleine en 5 minutes et quelques bises sur la truffe (n’essayez surtout jamais dans la vraie vie, malheureux…). Oui, on est encore avec les mêmes sous-entendus religieux « new age » et « alma mater » que le premier, mais en version aquatique sous-marine. Et bien sûr, même pas besoin de vous dire que c’est un « spoil »… tout est bien qui finit bien.

Sauf pour les méchants pêcheurs qui tuent les gros mammifères marins genre cachalot juste pour le spermaceti (voir ce lien qui vous expliquera : Spermaceti — Wikipédia (wikipedia.org)).

Eux ils ne sont pas écolos, donc pas bien. Et les Japonais (qui sont censés avoir cessé de chasser les cachalots depuis 1982) comme les Norvegiens, qui continuent à chasser la baleine, ont pu ne pas vraiment aimer l’allusion si transparente à leur activité de pêche des gros cétacés.

« Cétacé, dit la Baleine, il faut que je me Cachalot ». Promis, juré, je ne la referai plus.


Comme disait un patron de bistrot que je connais : « Et à la fin le méchant il part ; elle, elle épouse le cheval, et ils vivent heureux avec plein de petites licornes et des poneys magiques… ».

Les « brèves de comptoir » c’est la vraie vie.

Il n’y a ni licornes ni poneys magiques dans Avatar2 ; en revanche, il y a une référence à des idées que j’avais rédigées dans mon dernier billet de blog, comme la citadelle en guise de refuge. Amusant…


Je n’ai pas vu le film avant sa sortie, je n’ai pas lu le scénario, mais il y a aussi l’idée que la fuite pour sauver la paix, ou abandonner sa terre pour protéger son peuple… Ce n’est jamais une solution.

Cette idée-là, il y a longtemps que je la crois ; que les envahisseurs débarquent d’un vaisseau spatial ou d’un bateau d’ailleurs. A noter que pour le vaisseau spatial il n’y a que dans les films que ça arrive. Pour les bateaux, de nos jours, il suffit de suivre les journaux télévisés ; c’est très bien organisé.


N’imaginez pas que c’est un hasard tout ça, car au début du film, c’est bien une famille qui décide de migrer en raison d’une persécution par les méchants « Marines ». Ce seraient des réfugiés politiques, que ça ne m’étonnerait pas.

Eh oui, retournez le voir… Voir 2 X la 3D c’est mieux. Il y a plein de détails en arrière-plan qui vont vous sauter aux yeux comme un coup de pied au cul.


J’arrête là le cinéma. Je ne voulais pas critiquer.

N’oubliez pas que pour le spectacle, c’est grandiose. Beaucoup de 3D, mais n’y pensez pas, n’y pensez plus. C’est quand on y pense le moins que la 3D a le plus d’efficacité.

Surtout ne vous mettez pas en fond de salle ou sur un côté ; plutôt en milieu, vers l’avant de préférence. De façon à avoir stéréo au top et lunettes 3D qui couvrent tout l’écran sans déborder.


Je vous en parle, mais rien ne dit jamais que vous suivez ce que je vous exprime.

Les « followers », les « suiveurs » on les courtise toujours, mais on en parle le moins possible.

Avoir le plus de gens qui me suivent, vu la façon dont j’écris vous l’avez bien compris, ce n’est pas mon but.

Je préfère de loin quelques vraies personnes avec une âme, un esprit et des sentiments, à la clameur d’une foule, dans un stade ou une arène.


A la fièvre acheteuse du troupeau qui dans les jours qui viennent va se précipiter dans les avenues, en centre-ville ou dans des centres commerciaux, je préfère le calme d’une forêt ; de préférence la mienne. Là où je connais les sentiers.


C’est là que je peux le mieux savoir qui me suit, ou pas.


J’ai parfois eu cette impression d’être suivi. Dans la forêt comme sur mon blog.

Tout est fonction de par qui on est suivi. Cela peut être inquiétant, ou au contraire très agréable.


Dans tous les cas, la méthode à suivre est la même : S’arrêter, observer et écouter.

En marchant, en avançant, en jetant des idées devant soi, on crée par soi-même un bruit de fond qui masque et assourdit le reste. On estompe aussi le bruit de la nature, le bruit des autres, et les conversations dans son dos.

Alors, pour savoir, on cesse d’avancer. Le silence se fait.


Passé un instant, les bruits reprennent. Les vrais bruits, ceux de la nature, ceux des autres. Ils sont normaux et naturels, il n’y a rien à en redouter sauf si c’est un troupeau de Bisons qui charge.


Mais là généralement, on voit vite (ici c’est le 126e Régiment d’Infanterie, de Brive) à qui on a affaire.


Si les bruits de l’environnement où vous vous trouvez immobile, au silence complet, ne changent pas, si le pépiement des oiseaux ou celui des assistantes reste lointain, vous n’êtes pas suivi. Même le croassement d’un corbeau isolé ou d’un client agacé ne devraient pas vous alarmer.

Mais si ce bruit cesse, à nouveau, sans que vous n’y soyez pour rien. Là, vous pouvez y compter, un prédateur vous suit. Les prédateurs font taire les autres animaux. Prédateur n’est pas équivalent à assureur ou à directeur, même si ça rime. Or, dans les bois comme dans les bureaux, avoir un prédateur sur le dos peut inquiéter et doit vous inciter à la prudence.


Il est aussi des cas où c’est vous qui suivez, avec les meilleures intentions du monde. Du moins, vous croyez, vous, que vous êtes ainsi perçu: Amical, convivial, et écrivant sans mauvaises intentions.

Jusqu’à quelques semaines en arrière, c’est ainsi que je me sentais ressenti.


Je reste persuadé, après réflexion, après un certain nombre de vérifications, une demi-douzaine pour être précis, que c’est bien toujours le cas. Pour des amis, et même pour plus que des amis, je ne suis ni un danger ni un ennui.


Dans celles et ceux qui me lisent, surtout quand ce sont des personnes en qui j’ai toute confiance, vous êtes un certain nombre à avoir aussi constaté mon silence, d’un coup.

Ce n’est pas un hasard.

Je me suis arrêté, pour mieux entendre le bruit de la forêt et celui des bureaux. Exactement comme je viens de vous le décrire. Depuis le début de ce mois, j’écoute ; je ne parle pas. Le moins possible.


Il y a celles et ceux qui ont repris d’eux-mêmes les échanges, les courriers, les messages, la conversation, et même les invitations. Merci pour ce début de soirée à l’AkaThor, soit dit en passant pour ceux que ça concerne, car je n’avais pas eu le plaisir de consommer un peu de Guiness depuis un bon moment. Ce devait être soir de match et c’est Cours Saleya (l’AkaThor). Je ne vous incite pas à consommer la bière à outrance, c’est juste pour confirmer que j’ai apprécié le bon moment passé là.


Je continue à écouter. Je continue à me taire. Je m’exprime juste ici. Pour entendre, et comprendre. Je sais déjà qui me parle, et qui ne parle que quand j’ai parlé en premier.


C’est très riche d’enseignements, ces longs silences. Je fais « le tri des patates », si je puis m’exprimer ainsi à l’égard de personnes pour qui j’ai la plus grande estime et la plus grande sympathie.

Hors famille, bien entendu. Surtout que chez nous, ceux qui ne se parlent plus dans les familles à cause d’histoires qui remontent à la naissance de Jésus-Christ… Ce n’est pas une denrée rare, c’est une spécialité locale.


Que pourrait-on, que puis-je penser, face à des personnes dont je constate le mutisme ?

Rien, ou presque. Je reste posté dans le bois et j’observe la lisière.

Mieux vaut être seul que mal accompagné.

Mieux vaut se rogner les ongles que se couper le bras.

Il suffit d’être patient. La sélection se fait toute seule.

C’est un procédé de fainéant, je vous le concède ; mais c’est très efficace. Très dur aussi, c’est pourquoi je suis obligé de parler par énigmes, même si c’est forcément parfois transparent, ce genre de « roman à clefs ».


La « petite musique de nuit » de Wolfgang Amadeus MOZART m’aide bien dans cette entreprise.


En guise de conclusion, je vais pour le plaisir citer.

Je cite René-François SULLY PRUDHOMME (1839 – 1907), mais là pas pour «Le vase brisé».


Je le cite pour « Silence et nuit des bois », que j’ai également, vraiment, beaucoup aimé :


« Il est plus d'un silence, il est plus d'une nuit, Car chaque solitude a son propre mystère : Les bois ont donc aussi leur façon de se taire Et d'être obscurs aux yeux que le rêve y conduit. On sent dans leur silence errer l'âme du bruit, Et dans leur nuit filtrer des sables de lumière. Leur mystère est vivant : chaque homme à sa manière Selon ses souvenirs l'éprouve et le traduit. La nuit des bois fait naître une aube de pensées ; Et, favorable au vol des strophes cadencées, Leur silence est ailé comme un oiseau qui dort. Et le cœur dans les bois se donne sans effort : Leur nuit rend plus profonds les regards qu'on y lance, Et les aveux d'amour se font de leur silence. »


Bises aux dames, en particulier celle qui ne craint pas d’aller au bois avec moi ;

salut aux messieurs,


Didier CODANI



A Nice, ce dimanche 18 décembre 2022, en fin d’après-midi.

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