Balkan Line

Balkan line, ou "Frontière balkanique" est un film de guerre Russe et Serbe sur le Kosovo.

L'intérêt du film, outre qu'il est bien joué, c'est qu'il donne le regard de ce camp Serbe dont finalement on parle peu, puisque la propagande américaine a une fois pour toutes décidé que les serbes étaient les "méchants" des Balkans.


Si les Serbes étaient les seuls à avoir tué et torturé pendant les conflit en Bosnie d'abord et au Kosovo ensuite, ça se saurait.

Tous ceux qui sont allé sur le terrain dans les Balkans (pas dans un bureau d'une enceinte sécurisée d'un camp américain où on doit dormir tous les soirs) savent que chaque camp a commis sa part d'exactions.


En Bosnie, on retrouvait des croix Orthodoxes chez les Musulmans, et ils ne les avaient pas achetées au marché aux puces... Chez les Serbes, les "souvenirs" étaient parfois encore plus glauques. Les Albanais ça battait des records, je n'en parle même pas.


Vu la façon dont les français avaient été traités par le cinéma américain dans "En territoire ennemi" film américain sur les Balkans, on pouvait s'attendre au pire avec le cinéma russe et serbe dans "Balkan line" (Балканский рубеж).


Non, il n'y a pas eu pire que les points de vue américains.

"Balkan line" c'est même bon.

Franchement, vous pouvez louer, vous pouvez même acheter.


C'est un "film d'action" qui n'est pas fait pour les âmes sensibles, c'est certain.

Sur ce plan là, il y a de l'action exagérée, des méchants (Albanais) qui meurent sur le coup pendant que les gentils (Russes ou Serbes) peuvent survivre même avec une jambe arrachée au-dessus du genou. Juste avec de la morphine, et un "bisou magique" de l'infirmière.


L'infirmière serbe c'est Milena Radulović. Et elle est à tomber.



Ne rêvez pas. Avec sa tenue toujours décente et sa posture réservée vous allez craquer.


Sauf que je suis passé bien des fois dans les Balkans, et que je peux vous en assurer:

Une infirmière (Serbe ou Russe) aussi jolie, intelligente et sensible... je n'en ai jamais vu.

C'est de la publicité mensongère; ou alors, celles que j'aurai pu voir disparaissaient avant que je les voie. Née en 1995, 27 ans en 2022... en pleine forme.


Ne nous y trompons pas, sous couvert de film d'action, ce film Russe et Serbe est - comme tous les films américains du même genre ou presque - un film de propagande.

Sauf que cette fois, ce ne sont pas les anglo-saxons qui gagnent à la fin.


Quand vous le regardez, sachez que c'est un regard Serbe, un regard Russe, que vous avez sur une histoire qui peut vous paraitre extraordinaire, mais qui est tirée de faits réels.

Faits réels extraordinaires, fortement romancés.


Les faits, c'est la prise de l'aéroport de Pristina par les Russes, en 1999. Cela a eu lieu.

La romance, c'est Milena Radulović, et quelques détails de l'histoire ensuite.

Je ne vais pas tout vous raconter.


Bien sûr, tous les glorieux "commanders" Albanais de l'UCK libérant le Kosovo des "méchants" Serbes n'étaient pas des trafiquants de drogue. Certainement pas. Il y en avait qui savaient se contenter d'alcool, de prostitution, ou de cigarettes.

Il y en a même qui ne trafiquaient dans rien du tout. Il y a toujours des maladroits, aussi...

Mais le film reste somme toute modeste sur ces crapuleries à main armée.


En vérité, il est même en-dessous du réel historique, ce film.

Il ne parle pas de trafic d'êtres humains, d'organes pris sur des civils ou les ennemis... pas forcément morts; ou encore, je pèse mes mots, d’anthropophagie.

Il y a juste un modeste charnier de quelques dizaines de personnes, un Pope Serbe abattu d'une balle dans la tête parce qu'il refuse d'abjurer sa Foi Catholique au profit de l'Islam... Bref, des bricoles.


A noter tout de même la présence dans le camp des "gentils" de deux vrais Musulmans qui prient. Alors que dans les films US, un bon Musulman est un Musulman mort, ou tout au moins un immonde traître qu'on va arrêter ou tuer à la fin. Là, ils prient avant la bataille.


Pour autant ça reste un film de propagande.


J'ai adoré l'officier Russe qui dit (comme dans les films américains) :

"Ne craignez rien, tout va bien, nous sommes Russes". Ben voyons...


Très belle image aussi d'un officier Russe qui porte dans ses bras une fillette.

Un peu comme l'affiche de la seconde guerre mondiale bien connue:

"Populations abandonnées, faites confiance au soldat Allemand".


En regardant la VF après avoir vu antérieurement la VO en Russe, je me disais n'étant pas russophone et peu serbophone, que l'aspect propagande et blockbuster me permettrai de prendre assez de recul pour le visionner sereinement.

Mais en dehors du rôle de la jeune infirmière éplorée qui se retrouve dans le tourbillon des horreurs de la guerre, il y avait une chose à laquelle je n'avais pas pensé: ma mémoire.


On ne ressort pas indemne des vraies horreurs des Balkans.


Le sang qui gicle et les belles explosions flamboyantes de ce film, c'est du cinéma.

Les rues, les campagnes, les regards des gens, tout cela m'a renvoyé à l'époque.

Ces gens qui trafiquent sur tout... c'est vrai.

Ces gens que l'on tue pour rien... pour refuser d'abjurer, pour refuser la violence... c'est vrai.

Ce sont tous ces petits détails qui reviennent; plus que la romance, plus que les effets spéciaux et le fracas des bombes, plus que les rafales à l'infini...

Il y a dans ce film une bonne représentation, à mon humble point de vue, de ce qu'était le Kosovo avant 2000 - 2008.


Je vous laisse juger.

A mes yeux c'est un bon film d'action (interdit aux moins de 16 ans à ses débuts).

Et puis, pour mes camarades qui y sont passés, je ne dis rien de plus en public.

On en reparlera en privé, si vous avez envie... Il y a un lien de messagerie en bas de page.


La Bande-Annonce en Français est là: https://youtu.be/xi9wiIOUCBM


Bises aux dames, deux en particulier qui m'ont aidé à ressortir entier d'un vrai problème à l'époque.

Salut aux messieurs; ceux qui comme moi ont porté le patch de la SFOR et de la KFOR en particulier.


Dobro Veče, i Laku noć.

Mbrëmje e mirë, natën e mirë.


Didier CODANI


A Nice, ce 19 juin 2022


Shadow on Concrete Wall