Aubergines à la Bonifacienne

Vous savez toutes et tous, que pour réussir l'Avent, il faut parfois retourner en arrière.

J'étais donc plongé dans l'album photo du mariage d'un de mes frères quand le téléphone a sonné...


Je revendique le droit d'avoir des ami(e)s qui ont des idées.

L'idée était toute simple, mais sur le continent tout est compliqué:

Faire des aubergines à la Bonifacienne.

Et là, question fondamentale:

Menthe, ou basilic?


Je comprend son hésitation.

De façon atavique, instinctive, naturelle, j'aurai volontiers répondu : "Menthe".

Seulement voilà, c'est des aubergines "à la Bonifacienne".

Si Bonifacio c'était réellement en Corse, on le saurait.

Bonifacio... C'est à Bonifacio!

Donc ils font leurs aubergines avec de la tome de chèvre...

Et ils mettent du basilic dedans!

Je vous assure, je vous le garantis, j'ai vérifié.


Toutes affaires cessantes, car il faut savoir distinguer l'urgent et l'utile, j'ai ressorti mon ouvrage de référence.

Celui qui n'est pas dans ma bibliothèque, mais dans ma cuisine:

"Du pain, du vin, des oursins"; de Nicolas STROMBONI, marchand de vin (comme l'entrecôte du même nom) à Ajaccio.


Je le salue en passant: https://nicolas-stromboni.fr/

Il ne me donne pas un centime d'Euro chaque fois que je mentionne son nom, ce qui ne me rendrait d'ailleurs pas riche, vu que je ne parle quasiment jamais de lui; mais il a sorti en 2016 ce "beau livre" qui est une de ces références gastronomiques et culturelles comme je les aime.

Un peu comme "La cuisine du Comté de Nice" de Jacques MEDECIN. Seul ouvrage signé d'un homme politique que je garde toujours en cuisine.


Je ne suis pas vendeur de livres, mais vous le trouverez encore dans toutes les bonnes librairies (en Corse) et pour le monde entier via la FNAC ou Amazon puisque la mondialisation a frappé à la boite aux lettres.

Mais commencez par votre libraire favori si vous en avez un. Vous ne paierez pas plus cher, parfois deux fois moins cher, comme je l'ai constaté avec la librairie 7L à Paris, et en tous cas vous les ferez vivre. Ce qui dans les petites villes et la France rurale est important.


Pour revenir sur le vif du sujet, j'avais offert ce livre à la dame qui m'a contacté pour avoir les détails.

C'est vrai qu'on peine à y croire: du basilic à la place de la menthe... Les pauvres...


Enfin, c'est officiel, c'est écrit dans le livre, ils font ça avec du basilic...

Ce n'est pas le pire. Le pire c'est qu'avant la fin du week-end il va falloir le manger.

Mais bon, connaissant la cuisinière (la dame, pas l'électro-ménager) , je suis confiant.


Pour le vin, non, merci, ce ne sera pas du Gentile rosé.

C'est moi qui choisis, et comme c'est moi qui porte le vin, je ne vois pas l'intérêt (mais libre à vous d'essayer) d'aller chercher du fin au fond du golfe de Saint Florent (vu que c'est un Patrimonio) un rosé frais, alors qu'on est en décembre.


A la place, j'ai choisi un Sciaccarellu; du "Sempre cuntentu" (tout est dit sur l'étiquette) de chez Giacometti, dans les Agriates. 20 Euros. Je ne me suis pas ruiné.

C'est tout autant à l'autre bout de la Corse par rapport à Bonifacio, mais je préfère un rouge.

Et puis, c'est qui qui porte... hein?

En vrai, c'est le mari de la dame.

Mais je l'ai acheté (le vin, pas le mari), et il est bien (le vin; comme le mari, que je remercie).


Entre la discussion, aller chercher le livre à la cuisine, vérifier le vin et vous taper tout ce laïus, j'ai pris un retard certain dans l'album photos du mariage.

Mais ça fait partie de la fête.


A trois semaines de Noël, l'Avent c'est aussi cela: Prendre le temps, juste avant l'hiver, de se souvenir qu'on est vivants, qu'on sait encore faire - en famille ou entre amis - des choses en commun; qu'on sait encore partager même un plat de pauvres aussi simples que quelques aubergines avec du coulis de tomates, de la mie de pain, de la tome de chèvre...

Et puis prendre le temps de vous le raconter, pour vous faire passer le temps et vous en donner l'idée.


Pour la recette? Achetez le livre.

Pour le vin? Choisissez celui que vous aimez.

N.B.: Le premier adulte qui essaie de boire du Coca avec les aubergines, on l'emmène au cimetière marin de Bonifacio, direct.


Vivons au mieux cette préparation de Noël.

N'oublions pas ceux qui n'en ont pas, ou n'en ont plus les moyens.

Donnons-leur ce que nous pouvons. En direct ou par les associations de notre choix.


Noël contribue à réduire le malheur dans une vie; beaucoup. Pour toutes, pour tous.

La guerre contre la misère est un combat permanent.


Bises aux dames, salut aux messieurs,


Didier


Shadow on Concrete Wall