Refaire le monde en été

Refaire le monde en été est une tradition.

C'est un petit moment de bonheur.

Plus radieux encore quand on est deux au moins pour le faire, et qu'on a su trouver le décor estival idéal.


Oubliez la plage, la foule, les grandes places prestigieuses de nos villes de Méditerranée.


En premier trouvez le lieu où exercer vos talents (si vous en avez).

Malheureux est celui, ou celle, qui ne sait point découvrir sa propre auberge espagnole.

Ce lieu magique où vous allez trouver à manger et à boire mais où vous apporterez votre vie et votre esprit. Sans vous et votre volonté de transformer en palais cette auberge, ce lieu n'est en apparence qu'un espace des plus ordinaires, une ruelle, une impasse, voire même, un chemin de traverse.


Mais même Harry POTTER n'a pas un aussi beau "chemin de traverse" que nous à Nice...

Il n'est pas nécessaire de se fracasser le nez sur les quais de la gare de Nice, ou de chercher un mot de passe à chaque mur de brique dans les rues de Londres.

Je ne vais vous donner ni le nom ni l'adresse, mais avec un peu de sens de l'observation et de l'orientation vous finirez par trouver.


C'est la première étape. Puisse Saint Omer (600-667), vous y aider.

La mort de soif est la pire de toutes, comme chacun sait; mais rassurez-vous, en de tels lieux l'on décide plus souvent que l'on ne décède.


Décider concernant cette première semaine du cœur de l'été c'était surtout l'embarras du choix. Le choix du plat du jour pour commencer, et ensuite celui des sujets de conversation.


Quand personne n'écoute, quand on est pas comme sur l'un de ces fichus réseaux sociaux à s'entendre répondre "vous ne disiez pas pareil en 2015" capture d'écran à l'appui, c'est nettement mieux. Surtout bien assis avec le petit courant d'air frais qui passe presque aussi régulièrement que le serveur pour savoir si tout va bien.


Alors oui, bien sûr, il faut dire un mot de l'Ukraine.

Pas trop car ça va finir comme l'affaire Dreyfus, à la fin.

Il y a des forcenés, des "aficionados" plutôt. Car le forcené descend parfois dans l'arène, alors que le téléspectateur - ou l'internaute sur Internet - n'y va évidemment jamais.

Qui plus est, pour refaire le monde dans un chemin de traverse on choisit l'interlocuteur.

De préférence une personne intelligente.


Ainsi l'on peut convenir qu'une guerre d'agression c'est une guerre d'agression et que ce n'est pas bien d'envahir le pays du voisin. Je vous le confirme ce n'est pas bien du tout.


Après quoi, on a le droit de se montrer réaliste et de se dire qu'en regardant les cartes au fil du temps et des communiqués, en dépit de la résistance (toujours) héroïque de l'Ukraine, les Russes prennent les positions qu'ils attaquent. J'en conviens d'autant plus facilement que je ne travaille actuellement ni pour l'état-major français, ni pour l'état-major russe, ni pour l'état-major ukrainien. Pas plus pour les américains ou les anglais d'ailleurs.


C'est triste à dire, mais même si les Russes ont la palme d'or de salaud de l'histoire, dans la vraie vie c'est le plus fort et le mieux armé qui gagne le plus souvent à la fin.

On n'est pas au cinéma. Ce n'est pas toujours le gentil qui gagne. Même si les Américains lui fournissent tout l'armement aux normes américaines en open bar.


Moi on m'a toujours dit: "Quand c'est gratuit, c'est toi le produit". Donc je trouve cette générosité suspecte. Je veux bien admettre qu'on ne soit pas de mon avis.


Ce n'est pas le cas de la "Propagandastaffel" française ou anglo-saxonne, la première étant plus ou moins aux ordres de la seconde.

Ne nous y trompons pas (après l'apéritif, on en était d'accord) nous vivons en direct une séquence magnifique de propagande de guerre mieux qu'il y a 70 ans.


L'affaire peut durer puisqu'il s’agit en réalité d'un conflit périphérique de haute intensité comme on en a eu pendant toute la guerre dite "froide". A cela près qu'à l'époque, au Vietnam ou en Corée, les pays occidentaux envoyaient du monde pour prêter main-forte.

En Ukraine, Américains et Européens se battront "jusqu'au dernier Ukrainien", mais pas question d'envoyer autre chose que de l'instructeur ou des forces spéciales, et sans forcer sur la quantité s'il vous plait.


Il ne faudrait quand même pas oublier que le pays victime de l'invasion est un des plus corrompus de la planète et que nombre d'armements fournis disparaissent mystérieusement en direction d'un marché criminel florissant.

Un pistolet ce n'est pas trop grave, un lance-roquettes c'est plus ennuyeux.


Je le redis pour celles et ceux qui auraient des doutes; même si le pays est corrompu, même si depuis 2014 voire avant ils massacraient eux-même leur population russophone sans l'aide de personne...

Même si durant la 2e guerre mondiale ils étaient dans les rangs des nazis avec un enthousiasme non dissimulé pour aller casser du bolchévique (Les braves gens. On ne vous avait donc rien dit?)...

Je suis par principe du coté des victimes de l'agression actuelle et pas du coté de l'agresseur.


En vrai sur le terrain, mon soutien moral tout le monde s'en moque. Le votre aussi, d'ailleurs.

Mais enfin, tant qu'on a le droit de s'exprimer, ne nous privons pas.


La seconde séquence des aventures de Tintin en Chine, toujours pour fournir des armes et des munitions à un pauvre petit pays victime d'un méchant agresseur communiste - même pas déclaré - devenu un concurrent commercial des USA, ne devrait pas tarder.


Les USA ont envoyé l'équivalent du capitaine Haddock sur place, et elle ne boit pas que du jus d'orange entre les repas.

Cela nous promet des discours où les méchants Chinois on ne va pas pouvoir les sacquer.

D'autant que le Saké tiède, ça vaut le Bourbon sec sans glace.

Je balance un peu, mais vous noterez que je n'ai pas donné de nom.

Même si Nancy c'est le pays de la Mirabelle, autre boisson de précision.


Alors on en cause.

Beaucoup.


On cause aussi de la notion de "riposte préventive" qu'on remet en avant au Moyen-Orient.

Dans un petit pays aux militaires rapides à la détente. Celle du fusil d'assaut.

Dans les termes mêmes du général de Gaulle en 1967: "C'est-à-dire un peuple d'élite, sûr de lui-même et dominateur".


Je n'ignore pas à quel point une guerre fait ressortir le pire de l'humanité.

Je n'ignore pas quelles ordures - et je pèse mes mots - se planquent dans la Bande de Gaza avec pour seul but, sans finesse ni stratégie, de "tuer du Juif". Des grands guerriers qui tirent des roquettes au hasard sur des civils et qui filent se planquer en attendant la riposte.

C'est ça le jihad Islamique.


En face, si le respect des droits de l'homme et du droit de la guerre était prioritaire, ça se saurait, aussi... Alors, c'est un "dogfight" un combat de chiens.

Et l'un des deux camps a le soutien total, inconditionnel, des USA dont il est le VRP/VIP pour tout le Moyen-Orient.

Vous savez quel camp. Bien sûr. Nous le savons tous.


Alors ils ont inventé la "riposte préventive".

On massacre par avance, mais on dit que c'est comme si on avait tiré après.

J'ai vu ces images. Cette petite fille de 5 ans qui est morte. Broyée par la raison d'état.


Oui, peut-être que dans 15 ou 20 ans, cette petite fille serait devenue une terroriste.

Je trouve quand même que 15 ou 20 ans d'avance c'est aller très loin dans la "prévention".


C'est tout simplement, tristement et ignoblement, un crime contre l'humanité, tirer "par avance" sur des civils innocents. Une enfant de 5 ans.


Mes mots ici ne servent à rien.

Qui osera juger un jour un pays, allié de l'une des plus grandes puissances du monde?

Personne.

D'ailleurs, la puissance mondiale en question a même fait accepter au monde entier qu'aucune juridiction internationale n'avait le droit de juger ses ressortissants.


Un seul pays, un petit pays, mais remarquable sur ce point, la Belgique.

La Belgique a relevé le gant.

La Belgique, de 1993 à 2003 a durant 10 ans voulu appliquer une "Loi de compétence universelle" visant les crimes contre l'humanité.

En 2003 cette loi a été abrogée. Ils ne pouvaient pas tenir.

Au moins la Belgique l'a tenté. C'est une marque d'honneur pour ce pays tout entier.


Alors, cette enfant Palestinienne de 5 ans morte sous les bombes, on enterrera son dossier avec son cadavre. En même temps, car il ne sera jamais possible de lui rendre justice.


Toujours pour la justice, toujours au Moyen-Orient il y a eu cette semaine la commémoration de l'explosion du 4 août 2020 au port de Beyrouth.

Deux ans déjà.



La plus grande explosion non-nucléaire du monde moderne.

Des centaines de morts, des milliers de blessés.

Un juge d'instruction menacé, une enquête bloquée.

Bloquée par le parti Chiite qui se dit "Le parti de Dieu", le Hezbollah.

Milice armée, qui a de nombreux actes terroristes à son actif. Avec le soutien de l'Iran.


Ils y sont impliqués, mais pas qu'eux. Nombreux, trop nombreux sont ceux de la classe politique qui ont les mains rouges de ce sang qu'il veulent laver avec le sable du temps.


Permettez-moi de faire la seule chose que je peux faire:

Prier pour que cette enquête soit reprise et terminée.

Prier pour que l'élection présidentielle au Liban en ce moment ne soit pas une mascarade.

Que le Liban reste libre, neutre, indépendant.

Pas sous la coupe de la Syrie, sous l'occupation milicienne de l'Iran, ou la menace d'Israël.


Ukraine, Russie, Chine, Taïwan, USA, Israël, Palestine, Iran, Syrie, Belgique...

Si l'on a pas refait le monde entier en passant par ce chemin de traverse, on a au moins vu ce qui était le plus chaud.


J'ai presque failli en oublier la France en général, et Nice en particulier.

Oui, nous en avons parlé aussi, encore et surtout.


Il y a eu quelques grands moments en ce début de mois d'août, où j'ai failli croire qu'un député était OPJ. Officier de Police Judiciaire.

Une histoire émouvante narrée par Laure BRUYAS dans les colonnes de Nice-Matin.

Un vieil homme hospitalisé dont la maison était squattée.

Mais ce n'est pas à un député - fut-il le plus brillant et le plus honnête de tout l'hémicycle -, qu'il revient d'agir en pareil cas.


C'est à un Officier de Police Judiciaire que cela appartient.


Et quand on creuse un peu, il y a bien un OPJ, Anthony BORRÉ, premier adjoint au Maire de Nice, qui tranquillement et sans esbroufe a fait le signalement au Procureur de la République tel que le Code de Procédure Pénale le prescrit en France dans son article 40.


Tout n'est pas parfait dans la Ville de Nice, mais ça, cela a été bien fait.


Restent les coups de couteau, les coups de feu, à l'Ariane, aux Moulins... Les crapules ne prennent pas de vacances.

La poudre et la résine se livrent une bataille dans laquelle il est difficile - au niveau d'une Mairie - de faire plus que compter les points après coup dans la presse.


Heureusement qu'elle est là cette presse et que dans de grands journaux il reste encore quelques plumes qui arrivent à s'exprimer et à faire passer les messages.

Je pense à Stéphanie GASIGLIA qui de temps en temps a la gentillesse de laisser reproduire un article entier; je pense à Grégory LECLERC qui apprécie toujours avec autant de vivacité et d'indignation les courbettes que certains de ses confrères font à un repris de justice, fraudeur fiscal riche à millions, quand il sort de prison.



On dirait un rescapé des camps de la mort, alors qu'il était logé dans un quartier VIP, et juste quelques mois - par sa faute - sur les années auxquelles il est condamné.


Je pense aussi à un bel article d'une autre journaliste, moins médiatisé mais tout aussi intéressant et bien écrit que les autres; sur les logements sociaux les plus sensibles de Nice et leur avenir, leur réhabilitation, leur rénovation.

Mais là c'est mon obligation à moi, obligation de réserve et de discrétion, qui fait que je ne peux pas commenter.

Ou alors plus tard et autrement.


Ce n'est pas un souci, ce n'est pas une préoccupation. A chaque jour suffit sa peine.



Je reprends les lignes de Saint Matthieu, il y a plus de 2000 ans:

"Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’amassent pas dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Vous-mêmes, ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ?

Qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie" ?


Je reste serein. Le travail ce sera demain.

Ce dimanche, c'était un temps de prière, de réflexion, de souvenir.

D'abord entre nous, et ensuite avec celles et ceux qui me font l'honneur de "me suivre" comme on dit maintenant là où je publie.


Je ne donne pas de statistiques, mais il est vrai que j'ai restreint ma diffusion par rapport à ce que je faisais avant.

J'applique un principe que Marylin MONROE avait exprimé dans les années 1950/1960:

« Couper les gens négatifs de ma vie ne signifie pas que je les déteste, cela signifie simplement que je me respecte. »


A un moment donné, il faut savoir refermer la porte de la communication.

Ceux qui ont besoin demanderont et il leur sera répondu.

Les autres, mon silence ne les ennuiera pas.


20h00 passées, et c'est la même impression qu'hier vers 16h00 en se levant de table:

"Il reste tant à dire".

"Il y a tant de choses dites que l'on ne peut écrire".

C'est vrai, mais si on se disait tout, si on s'écrivait tout, que nous resterait-il à dire demain?


En attendant, n'hésitez pas à me donner vos impressions.

Surtout si, tout ce qui précède, vous trouvez que ce sont des commentaires de mauvaises langues...


Bises aux dames, salut aux messieurs,

Un très beau et bon mois d'août, sans plus de commentaires.


Didier CODANI


A Nice, ce dimanche 7 août 2022


Shadow on Concrete Wall