Notre-Dame à Porto-Vecchio
C'est une abomination. Une chose inimaginable pour des gens normaux.
Dans la nuit du 1er octobre deux "hommes" s'en prennent à la statue de la Vierge Marie.

Cette statue, elle est au rond-point du Stabiacciu à la sortie Sud de Porto-Vecchio.
Placée sous un pont de pierre fabriqué au milieu du rond-point, elle est dans l'axe de la route qui depuis la ville haute de Porto-Vecchio descend à Bonifacio.
L'acte de vandalisme sacrilège commis au cœur de la nuit est volontairement très violent.
A la dégradation matérielle que représente la casse de la statue qui est mise au sol, s'ajoute une profanation obscène.
Comme c'est fait par deux individus qui confinent au génie, l'un va filmer l'autre, pendant que ce dernier dans une sorte de contrefaçon d'acte sexuel se balance sur la statue jusqu'à briser le socle, en la traitant (oui, il parle à la statue...) de "pute", "salope", "il n'y a que ça que tu mérites", et en giflant la tête de la statue à différentes reprises au milieu de ses éclats de rire déments.
Pour bien faire, ils diffusent la vidéo sur Snapchat afin - comme d'habitude - que le monde entier connaisse leur débilité. C'est la mode.
Le monde entier, ce n'est pas certain, mais en Corse c'est vite vu.
Les plus intelligents seront les Gendarmes de Porto-Vecchio, que je salue au passage.
Comprenant au quart de tour que ces deux crétins qui affichent à l'écran leurs noms et leurs visages se sont mis en danger de mort violente, ils mènent une rapide enquête sur les événements de la nuit qui les conduit au camping où ils sont logés ensemble, et ils les interpellent immédiatement pour les placer en garde à vue à la Gendarmerie.
Sans rien dire à personne; mais très vite "tout le monde" sait qui c'est, et où ils sont.
Beau travail des forces de Gendarmerie qui mettent les suspects à l'abri le temps de la garde à vue. Maîtrise intelligente de la force publique, qui ne peut pas suffire pour calmer l'indignation de toute une ville qui se réveille scandalisée, mais qui place derrière de hauts murs ceux que "tout le monde" recherche, et pas pour leur faire des gros câlins.
Je ne vais pas rediffuser cette vidéo abominable, accablante, révoltante; d'un chien qui se secoue sur une statue. Elle est (ou était) en ligne sur Snapchat et sur Facebook.
Ce serait faire trop d'honneur à ces pantins.
Ce pantin, pour être précis.
Car si on voit bien celui qui se livre à toutes les exactions, il y a aussi son complice qui en rigole et qui filme - très sérieusement - l'horrible scène. Lui n'est pas un pantin.
C'est là que je crois il faut se demander qui est ce second personnage qui filme si bien.
"L'acteur principal" on voit vite qu'il a laissé son cerveau sur le continent. Le cameraman, lui, il a toute sa tête. Il ne joue pas un jeu. Il ne paraît pas ivre ou drogué, lui.
Il tourne un film de propagande dans lequel il est prêt à être identifié. Ce n'est pas anodin.
D'ailleurs un seul des deux prévenus, après arrestation, exprimera des regrets et demandera pardon. L'autre, on attend encore...
Reste que bien sûr on ne calme pas une foule en colère avec : "Je suis désolé, "j'étais déchiré", je demande pardon".
Bisou magique à tous et c'est reparti pour un tour... Non.
En premier, "j'étais déchiré" est une expression pour le moins maladroite.
Dans les prisons où ils auraient pu être enfermés, beaucoup de détenus en riaient d'avance.
Ensuite, c'est trop facile.
Oui, Dieu (quand on y croit - ce qui n'est pas le cas de l'intéressé) peut tout comprendre et tout pardonner.
L'immense majorité des Corses y croient, et quelques centaines étaient autour de la Gendarmerie dans l'espoir (déçu) qu'on libère les suspects, histoire justement d'organiser rapidement une rencontre divine.
Pour qu'il n'y ait aucun doute, et que les deux sbires ne se fassent aucune illusion sur le sort qui les attendrait dans le maquis Corse, on leur livrera même symboliquement "un cadeau" :
Un superbe cercueil tout neuf, à six poignées au lieu des quatre habituelles, avec prénoms, noms et photo des intéressés sur le couvercle. On ne pourra pas dire que ce n'est pas gentil.
Il est bien possible que dans le déroulement de l'enquête, cela ait aidé les gardés à vue à reconnaître la réalité.
Après tout, s'ils se déclaraient innocents et que l'OPJ de Gendarmerie les croie, il ne restait qu'à leur ouvrir la porte et les laisser partir dans la nature...
Je répète que nous avons des Gendarmes intelligents : Ils ne leur ont pas ouvert la porte.
La procédure a été suivie régulièrement, à l'abri derrière les murs, et sans bavure.
Le cercueil a été remballé. Inutile de gâcher la marchandise, ça peut toujours servir plus tard.
Sur le pardon, qui choque, qui scandalise une partie de la foule, je dois dire que dans l'esprit de tout vrai Chrétien, il y a cette parole du Christ le jour même de sa crucifixion et de sa mort : "Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font"...
La colère passée, l'indignation retombée, cette vérité Catholique s'impose.
C'est du reste ce qui va dominer dans le rassemblement de la population à 17h30 autour du Maire Jean-Christophe ANGELINI, et du curé le père Don Thibault.
Un de ces moments où la force des convictions a pris le pas sur la colère.
Dur moment pour le Maire, qui "pour cette fois" alors qu'il n'est pas par habitude dans la répression a tenu une position d'une vraie et grande fermeté.
Parce qu'il y a des choses qui ne seront jamais acceptables et jamais acceptées, et en tous cas pas en Corse.
Pas de ça chez nous.

Tant pis pour les juristes de salon qui feront observer qu'un Maire n'a aucun pouvoir de bannissement définitif d'un citoyen Français (l'autre est Colombien, si j'ai bien compris).
La foule est unanime et l'applaudit, connaissant ses convictions, quand il demande que les suspects "quittent le pays et n'y reviennent jamais plus". C'étaient bien les mots à dire.
Bravo au Maire, qui face à l'abjection refuse la complaisance.
".../... démonstration pacifique que notre foi populaire, nos croyances, notre vision du monde et de la vie étaient plus fortes que la bêtise, la cruauté et la violence."
Par la suite, du reste, vendredi la justice confirmera la chose avec un envoi des prévenus sur le continent et une interdiction de séjour, en attendant le procès qui doit avoir lieu en novembre 2026. Ce sera non sans mal, car vendredi l'émotion populaire qui les reconnaît à l'aéroport d'Ajaccio fait qu'il sera impossible de les embarquer et qu'ils ne sont partis que ce samedi.

Il n'est pas de vraie morale dans cet acte ignoble, évidemment.
Dans les réactions il y a toutefois quelques points positifs:
La réaction de la population.
La rigueur et la rapidité de notre Gendarmerie.
La fermeté du Maire de Porto-Vecchio qui condamne avec force l'inacceptable.
La foi populaire; celle de la Confrérie de la Sainte Croix, celle de l’Église de Corse entière.
Sans oublier qu'au fond, cette statue de la Vierge Marie, a fait prendre conscience à toute la Corse (Nice-Matin n'en dit pas un mot sur le continent) que le pire a été évité.
Ils ont détruit - pour des motifs qui dépassent l'abus de boisson - une statue de la Vierge Marie; mais que se serait-il passé si le même jour, au même endroit, à la même heure, ces deux personnages ("hommes" serait un compliment les concernant) avaient croisé à la place de la statue de notre Vierge Marie une simple jeune femme de Porto-Vecchio ?
Puisse le sacrifice de cette statue nous éveiller, et veiller à éviter le pire à l'avenir.
Bises aux dames, celle qui m'a procuré l'image finale en premier,
Salut aux Messieurs, en particulier ceux qui gardent la tête froide.
Salut réitéré à ma cousine, et tout particulièrement à son fils qui a su faire de son mieux ce qu'il fallait, quand il fallait, et comme il le fallait.
"Et Jésus lui dit : laisse les morts ensevelir leurs morts; mais toi, va, et annonce le Royaume de Dieu." Luc, 9:60
A Nice, ce samedi 3 octobre 2026 au matin.
Didier CODANI






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