Week-end sur la Côte d'Azur

L'art et la manière de se croire en vacances alors qu'on ne l'est pas.

C'est avec des fleurs, le dernier week-end du mois d'août qui commence...


Un peu de rouge, un peu d'orange, et des lys blancs. Un bouquet qui a du sens, au moins pour moi. Et cela tombe bien puisque c'est le mien.


Ce sera aussi deux jours chargés en commémorations, même si je ne peux pas tout faire.


J'ai débuté, ce matin, au fond d'une salle de crématorium transformée en chapelle.

Pour l'épouse d'un camarade qui est partie trop tôt. Parce que l'on part toujours trop tôt.

Je sais que la présence de la famille, des amis, des camarades, n'aide jamais assez.

Nous avons fait de notre mieux. Nous n'abandonnons ni nos morts ni nos blessés...

Nous resterons présents. Avec lui, qui doit garder le goût de la vie.

Il est des nôtres, nous sommes des siens. Sa douleur nous peine.

Que ce soit parce qu'il est Corse, ou parce que c'est un ancien parachutiste.


J'ose espérer une journée plus souriante demain, même si je serai représenté pour la plus belle cérémonie. Celle où la Ville de Nice devrait se dépasser pour permettre aux invités de profiter pleinement de cette reconnaissance au patrimoine de l'humanité par l'UNESCO.

Je ne méprise en rien l'événement, mais j'avais un autre engagement déjà pris antérieurement, et je fais partie de ces gens un peu bas de plafond pour qui une parole donnée est un lien réel.


Dans notre monde, où plus rien ne compte, où les engagements les plus forts pris devant témoins volent en éclat comme si c'était une blague, j'ai choisi.

J'ai simplement choisi de continuer comme avant. Pour moi; pour vous peut-être.

Je fais face à la déferlante des échecs et des mesquineries de l'existence en respectant la parole donnée.

Rare image de moi faisant face à ma vie

Je serai donc privé d'une fastueuse réception mondaine; mais ce sera par respect.


J'ai une pensée à cet instant pour le reste du monde.

D'abord ceux, celles, qui dans mes amis souffrent sinon de la mort, mais de la maladie.

Ensuite, je suis bien conscient de ce que nous avons des soucis de riches.


Mon ventilateur vient de griller... C'est quoi par rapport à un pays entier quasiment privé d'électricité par l'incurie coupable, criminelle, de ses dirigeants?

Plus de clim. Plus d'eau chaude. Pas d'ascenseur. Pas assez de fuel... Volé, détourné...

Alors, moi, à coté, avec mon ventilateur qui a grillé de chaud...

On se sent petit. Obligé à la modestie.


Je vous parle du Liban.


Je pourrais évoquer l'Afghanistan, où un attentat meurtrier a eu lieu ce vendredi.

Après une reprise du territoire rapide, le nouveau pouvoir prend un coup dans son dos.


Juste pour jouer un coup dans une partie d'échecs entre "État Islamique" et talibans.

Pour pousser les "occidentaux", USA en premier, à réagir. Pour polluer la situation.

Mais de cela je vous parlerai un jour prochain.


Les commentaires assez limités que j'ai pu lire ne me font même plus rire.

C'est pathétique.

Ces "commentateurs" nous vendent une soupe sur commande.

Ils n'ont pas lu l'accord de Doha. Ils s'en fichent probablement. Ils meublent leur temps d'antenne avec des constatations sans perspective.


Que vont-ils dire en décembre?

Ah oui, j'ai oublié de préciser qu'à Doha, les USA, ils ont aussi dit qu'au 31 décembre 2021, ils seraient partis d'Irak.

Donc entre Noël, fête Chrétienne mondiale, et le jour de l'an, fête consumériste occidentale, cela devrait être un vrai festival du cirque...

Et je pèse mes mots; et nous aurons aussi le temps d'en reparler.


« Il y a un moment pour tout et un temps pour chaque chose sous le ciel :

Il y a un temps pour enfanter et un temps pour mourir, un temps pour planter et un temps pour arracher les plantes.

Il y a un temps pour tuer et un temps pour guérir, un temps pour démolir et un temps pour construire.

Il y a un temps pour pleurer et un temps pour rire, un temps pour gémir et un temps pour danser.

Il y a un temps pour lancer des pierres et un temps pour les ramasser.

Il y a un temps pour embrasser et un temps où il n'est pas bon de le faire.

Il y a un temps pour chercher et un temps pour perdre, un temps pour garder et un temps pour jeter.

Il y a un temps pour déchirer et un temps pour coudre, un temps pour se taire et un temps pour parler.

Il y a un temps pour aimer et un temps pour détester, un temps pour la guerre et un temps pour la paix"...


Il est étonnamment moderne, étonnamment d'actualité, ce bout de texte.

C'est le livre de "L'Ecclésiaste".

XIe siècle ou IIIe siècle avant Jésus-Christ? Écrit par le Roi Salomon, ou pas?

Peu importe.


L'important, c'est de savoir s'extraire un instant des vanités du monde.

Peut-être le temps d'un dernier week-end du mois d'août?

Le temps d'apprécier des fleurs rouges, ou un lys blanc?


Le temps de tendre la main à celui qui vient de perdre la moitié de lui-même.

Le temps de tendre une main, vers celles et ceux qui en ont plus besoin que moi.

Le temps de se souvenir de ceux à qui nous devons notre liberté. Nos libérateurs.


Bises aux dames, salut aux messieurs.

Didier


P.S.: J'ajoute un coup de brosse à mon chat qui exige son brossage, à minuit.

J'ajoute, pour Hélène et Antoine, que je parlerai de leurs (excellents) bouquins dans un prochain billet qui arrivera rapidement.

Hélène CONSTANTY, et Antoine ALBERTINI.

Les deux BD pour Hélène, les deux polars noirs pour Antoine.

Elle, il, le mérite(nt). Et puis, je le leur ai promis, donc... (voir plus haut).

Shadow on Concrete Wall