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Présidence parachutiste

Le parachutiste est le seul militaire qui n'ait pas de chemin de repli.

C'est vrai quand il est largué en mission, et cela reste souvent vrai pour le reste de sa vie.

Alors il s'y adapte.

Même des années après avoir quitté l'institution, cela reste un style de vie, un esprit.

"L'esprit para".

C'est très modeste. Bien loin de ce qu'imaginent ceux qui réclament "les paras, la légion" chaque fois que quelque chose va mal dans le pays.


Les parachutistes ne sont pas la solution-miracle à tous les problèmes de la France.

Certains le regrettent, moi pas.

L'histoire nous a appris que si une troupe exigeante et précise, que le grand public qualifie en "élite" peut être utile; elle est rarement nécessaire en métropole, et certainement pas hors de son cadre normal d'emploi qui est le combat de haute intensité.


Pour le maintien de l'ordre public et le rétablissement des lois sur notre territoire national nous avons une Police et une Gendarmerie Nationale dont c'est le métier.


Avec des ordres clairs et un commandement ferme, Police et Gendarmerie Nationale rendront de biens meilleurs services que "les paras, la légion" réclamés par des politiciens.


Police et sécurité territoriale, jusqu'aux missions "Sentinelle" actuelles, ne sont pas le cœur de métier de nos armées. Au contraire, elles nuisent même à l'aguerrissement des militaires.


Je renvoie ceux qui en douteraient à la lecture de "Commandement et obéissance" 2e édition (1909) du général Raoul Marie DONOP. Ou pour des vues plus modernes, les billets de blog de mon estimé camarade le colonel (R) Michel GOYA sur son blog "La voie de l'épée" ( https://lavoiedelepee.blogspot.com/ ). Celui de ce 14 février 2023 sur l'Ukraine, "L'offensive d'hiver", est à lire car remarquable, entre autres.


Pour les plus soucieux de rigueur militaire dans l'emploi des forces "Commandement et fraternité" donne en 141 pages parues en 2016 chez Economica (Stratégies et Doctrines,17€) le point de vue officiel, public et complet, de l’état-major de l'Armée de Terre sur la question.


La force de l'habitude, qui avec la force d'inertie et la discipline est l'une des forces principales de nos armées avant même la force nucléaire stratégique, me pousse à débuter mon propos en posant ces quelques bornes et quelques mines bien militaires.


 

En vérité, à ce jour du 14 février que le commerce mondial veut consacrer aux amoureux, je ne suis plus en activité de service autrement que par mes pensées d'auditeur de l'Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale (IHEDN), comme officier supérieur honoraire.

L'amour que je ressens reste bien en privé celui d'une dame, et en public celui de notre pays.


Le privé je le garde au chaud, pour la personne la plus fiable que je connaisse, dont j'aime jusqu'à l'ironie, aussi mordante que discrète (et elle est juste assez discrète pour me plaire).

Le public, je l'exprime ici, même si c'est rarement; car je crois, de la distinction de première classe au grade de lieutenant-colonel, n'avoir jamais renié ou démenti cet amour de mon pays. Même quand j'aurai pu - à juste titre - en douter.


 

J'étais tout de même parti pour vous dire que j'ai eu l'honneur samedi dernier 11 février d'être par deux fois dans la même journée élu à l'unanimité.

Modeste élection associative locale à la présidence de la section de Nice et environs de l'Union Nationale des Parachutistes.


Redevenu simple adhérent en 2022, je me suis présenté comme candidat au bureau de la section. Élu au bureau à l'unanimité par l'Assemblée Générale, c'est encore à l'unanimité que le nouveau bureau a souhaité que je devienne pour trois ans son président.

Deux victoire électorales dans la même journée, excusez du peu.


Je vis ces "victoires" avec modestie. Adhérent depuis 1985, ancien trésorier de la section, ancien vice-président, il y a longtemps que j'ai vu ce que procurent en vrai ces élections.

Pas un centime pour commencer, et des obligations de tous les instants du mandat ensuite.


C'est pourquoi j'ai tenu, et je tiens encore, à saluer le président et la trésorière qui ont tenu ces postes de numéro 1 et numéro 2 de toute association au travers de temps difficiles.


J'ai sans doute beaucoup insisté, avec émotion, à remercier publiquement notre trésorière en premier alors qu'elle n'aurait dû l'être qu'en second. C'est que j'ai trop bien connu la dureté du poste et l'indifférence qui s'y attache. Je ne voulais pas pour elle ce que j'ai vécu.

Mon premier acte a été de la faire applaudir par l'Assemblée. Parce qu'elle le méritait.

Je sais que sa modestie en a souffert autant que sa boite de mouchoirs; mais il le fallait.


Je sais aussi que notre ancien président de section a compris le geste et le message.

Il a su partager le dernier moment de sa présidence avec celle qui l'a le plus aidé durant tout son mandat. C'est beau; et ce ne sont pas tous les élus qui sont capables de cette grandeur.

Je l'en ai remercié en privé, je l'écris ici: Bravo Philippe; tu as été grand en suivant sur ce coup-là. Tu as compris le geste. Nous l'avons compris avec toi.


 

J'entre maintenant à soixante ans dans une lignée de présidents de section dont je suis fier.

Avec leurs défauts et leurs qualités.

Du volontaire pour l'Indochine au Saint-cyrien officier de la Légion d'Honneur, en passant par un camarade en OPEX dans les Balkans, jusqu'à un appelé du contingent métropolitain. J'en ai forcément oublié, et j'ai forcément ravivé des souvenirs et des blessures.

Désolé, un raccourci provoque toujours cela.


Vous êtes des seigneurs, du premier au dernier, pour tout ce je connais de vous; sachez-le.


 

A une exception justifiée pour cause de convalescence dans un lit d'hôpital, ces anciens, nos anciens, mes anciens, étaient présents pour assister à cette assemblée et l'immense majorité des présents sont restés pour l'apéritif et le déjeuner qui ont suivi.


Nos principaux correspondants civils, la Mairie de Nice et le Conseil Départemental des Alpes-Maritimes, étaient brillamment représentés par leurs responsables du monde combattant. Je les salue, car les connaissant je les apprécie toutes les deux.


C'est mon prédécesseur qui a fait vivre cette relation avec nos autorités locales, je m'appliquerai à faire plus que la maintenir, sans jamais entrer dans leur domaine politicien.

L'Union Nationale des Parachutistes est une association apolitique Déclarée d'Utilité Publique. Nous garderons cette ligne envers et contre tout, conformément à nos statuts.


Je me suis exprimé à différentes reprises pour dire le respect que j'ai, au-delà des personnes, pour les fonctions que nos élus exercent.

Il y aura toujours des élus que je trouverai plus sympathiques que d'autres à mes yeux, c'est humain. Il y en aura toujours avec qui je partagerai plus de souvenirs que d'autres, c'est la vie. Alors pour rester équitable, c'est le respect des fonctions et des statuts qui me guide.


 

Je n'oublie pas les militaires en activité de service, et le premier d'entre eux dans un département: le Délégué Militaire Départemental.

Nous sommes, pour chaque membre titulaire de l'UNP, issus des Armées Françaises.

Ce lien-là, il est pour moi fondamental. Je tiens vraiment à ce qu'il le reste.

Beaucoup de nos "civils" actuels, y compris pour moi un camarade comme l'actuel Préfet des Alpes-Maritimes, ont connu la vie militaire au fil de leur parcours. Se souvenir des moments où ils ont servi cette vie militaire, avec honneur et fidélité, est un minimum.


De même, même quand ils sont loin, même quand il y a bien longtemps qu'ils m'ont transmis leur savoir, comme mon ancien instructeur pour le Diplôme d'état-major, ils ne sont pas et ils ne seront pas oubliés. La mémoire de vos exemples doit être connue et transmise.


Je n'oublie pas toute l'équipe qui a été élue avec moi pour reprendre le flambeau; dont notre nouveau trésorier, "numéro 2" de droit de toute association; "jeune" retraité et officier titré, qui a gagné "au feu" en Afghanistan sa croix de Chevalier de la Légion d'Honneur.

Nous le ferons dans la tradition.

La tradition, ce n'est pas vénérer les cendres, mais transmettre la flamme.


Que celui qui s'est levé en fin de repas pour nous chanter "Westerwald" en version originale non sous-titrée sache qu'il a été apprécié. Parce que la Légion Étrangère en Indochine, c'était aussi cela, et que son interprétation a été un beau moment d'émotion.

Je ne le nommerai pas. Il a eu tous les honneurs de la République en son temps.

Maintenant c'est lui qui nous honore en étant là. Tant qu'il le voudra et pourra.


 

J'ai été un peu long, je crois, à ne vous parler cette fois que de vie associative et un peu militaire.

Surtout un jour de Saint Valentin même si ce n'est pas une fête religieuse. Car pour mémoire, Saint Valentin a été retiré du calendrier liturgique romain en 1969.


Cela me permet de conclure sur des choses plus légères et des soirées plus agréables que les détails de comptabilité et les calendriers de cérémonies, même s'il en faut; et nous sommes là toute une équipe pour cela; au service de nos adhérents, dès maintenant.


Bonne soirée, bonne semaine.

J'écris ici uniquement en mon nom personnel et je n'engage que moi.

Ni les Armées Françaises, ni l'Union Nationale des Parachutistes.


Bises aux dames, celles qui savent rester là où elles savent qu'on les apprécie.

Celle qui sait m'écrire et me rendre le sourire avec son regard et ses mots.



Salut aux messieurs, celui qui est en convalescence, celui qui sait chanter, ceux qui se portent volontaires même sans être élus, pour faire vivre notre modeste association.


Didier CODANI



A Nice, ce 14 février 2023 à 16h00, pendant mes congés.



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